A l'échelle N, il n'est pas facile de trouver certaines locos en bon état de marche, et lorsque celles ci sont proposées dépouillées de leurs organes de roulement, voire de leur motorisation, il faut composer, c'est le cas de cette CC65505 en livrée Drouard, dont j'ai pu récupérer une caisse nue décorée sur Ebay en bon état hormis quelques tampons manquants.
Il s'agirait d'après le vendeur d'un prototype créé par Hobby66 ??, mais je penche plutôt pour un modèle Startrain, car sa conception est identique à ses homologues en version classique 060 DA, CC 65535, 65512 TSO.
Toujours sur Ebay, j'ai trouvé également un prototype de CC64023 démotorisé, mais complet, avec son châssis et ses organes de roulement. La conception de cette loco étant quasiment identique, j'ai pu reconstituer la CC65505 Drouard, par contre, il n'est pas envisageable de la motoriser, aucun pignon n'étant présent dans la machine.
Les tampons manquants sur la Drouard ont été récupérés sur la CC64023 que j'envisage de recycler, moyennant de gros travaux que j'expose plus loin.
L'objectif est de faire circuler la Drouard accouplée à un wagon que j'ai motorisé, ce qui nécessite la pose d'attelages magnétiques conducteurs, une chance, le châssis est équipé de boitiers normalisés. Cela évite de poser des lamelles de contact sur les bogies, opération délicate à cette échelle. Dans cette optique, je peux envisager de la sonoriser, car la place laissée par le moteur permet de loger un décodeur sonore et son HP. Son éclairage sera assuré par des micro platines équipées de leds CMS commandées par le décodeur
Hobby66 a également commercialisé toute une série de BB sud ouest dont la reproduction est très correcte, mais avec des qualités de traction médiocres, liées à la présence d'un seul bogie moteur. J'ai pu récupérer un modèle motorisé et deux autres sans moteur. Sous cette option, la création d'UM devient nécessaire et là encore, une composition regroupant une motrice, une ou deux locos démotorisées, plus un wagon pousseur motorisé, permet de créer un convoi original capable de tracter un lourd convoi
La photo ci dessus présente une UM composée d'une loco de tête motorisée, et deux autres sans moteur, accouplées au wagon pousseur chargé d'améliorer la capacité de traction d'un convoi.
La fabrication d'un wagon motorisé n'est pas simple. Sa réalisation a été possible à partir de deux bogies Arnold de CC72000 montés sur un châssis de ma conception équipé d'un moteur RSF avec deux volants d'inertie. La transmission par cardan a dû être adaptée, compte tenu de la longueur réduite du wagon.
L'intégration du châssis a nécessité un gros travail de découpe du wagon d'origine, afin de loger tous les composants. Il est autonome et géré par un décodeur, son fonctionnement est très souple, notamment au niveau des ralentis et de l'inertie, il est équipé également d'attelage magnétique conducteur qui permet d'alimenter tous les engins démotorisés auquel il est accouplé. Sa force de pousse est équivalente à celle d'une CC72000 Arnold
A l'origine de sa conception, les flancs de bogies de CC72000 n'étaient pas conformes, je les ai supprimés depuis pour remettre ses flancs d'origine, les entraxes entre chaque essieu étant quasiment identiques.
Retour sur la caisse présente sur cette photo laquelle concerne un prototype CC64023 dépôt de La Plaine dont le châssis a été utilisé sur la Drouard. Une chance, le vendeur a pu me procurer les deux flancs de bogies et 6 essieux d'une CC65500 Startrain. Il faut donc construire un châssis et deux carters supportant les roues pour tenter un sauvetage. Bien sûr, une motorisation n'est pas envisageable, mais elle pourra circuler couplée en UM avec son homologue.
Le carter est découpé dans un profilé carré creux en laiton dans lequel il faut fraiser des gorges au diamètre des essieux qui viendront s'emboîter dessus. L'utilisation d'une fraiseuse est nécessaire pour bien positionner les ouvertures.
L'usinage doit être précis pour que toutes les roues soient en contact avec le rail et tournent librement. Les flancs de bogie se clipsent sur le profilé, ce qui rend l'ensemble démontable dans la perspective d'installer des lamelles de contact.
Il faut ensuite fabriquer un châssis découpé dans une plaque de PVC de 3 mm d'épaisseur. Il viendra se bloquer à l'intérieur de la caisse à la hauteur des deux conduits de lumière de la loco qui sont présents.
Le châssis est ensuite équipé de deux timons à élongation variable collés aux extrémités, ce qui permet d'accrocher des attelages magnétiques conducteurs. Le point de rotation des bogies a dû être décentré pour permettre un débattement correct en courbe
Une petite rondelle doit être ajoutée pour que la pose de la caisse soit au bon niveau. Nous voyons que l'axe de rotation du bogie est décalé à l'instar des modèles Startrain. Un fraisage du carter est nécessaire pour éviter un blocage avec l'attelage car sur ce type de locos, un timon solidaire du bogie n'est pas envisageable
Une fois la caisse reposée, les deux locos sont quasiment tampons joints.
Les travaux sont bien avancés, les premiers tests de roulement sont OK et le couplage avec la 060DA motorisée fonctionne correctement. Cette loco sera également patinée.
Bien sûr, c'est une fausse UM qui n'apporte pas d'amélioration en traction, mais qui permet de sauver une belle machine qui risquait fort de terminer ses jours à la poubelle. J'envisage d'ailleurs de multiplier ces compositions, quitte à reproduire de nouveaux wagons motorisés si je parviens à récupérer des bogies moteurs complets.