La réalisation d’un fond de décor est une étape importante dans la construction d’un réseau, notamment lorsque sa conception est de type modulaire, voire installé sur une étagère ou logé dans une vitrine. Il permet de présenter une maquette dans un environnement où l’arrière plan se fond harmonieusement avec une image panoramique donnant de la profondeur de champ. L’objectif est d’éviter de créer une rupture scénique, ce, grâce à la présence d’un diorama dont le thème doit être adapté à la nature des constructions et équipements présents sur le réseau.
Le choix est aujourd’hui important et couvre quasiment tous nos besoins (paysage rural, urbain, industriel, montagne, lac, fleuve, etc). Parmi les plus connus, nous trouvons ces dioramas chez Loco Revue, Faller, Vollmer, Auhagen, Peco, SAI dans des formats adaptés (longueur, hauteur) à l’échelle HO et N.
La photo ci dessus présente un dépôt de type PLM réalisé à l’échelle HO, nous voyons que le thème industriel du diorama s’intègre assez bien et donne une profondeur à la maquette avec une transition acceptable en ligne de fond, facilité par la présence d’un rideau d’arbres masquant la zone urbaine.
Et pourtant, les modules sont de dimensions modestes (125 x 82 cm) Le diorama est fixé sur un support léger de médium de 40 cm de hauteur utile qui renforce la structure du réseau.
Il convient d’arrondir les angles sur les sections qui ceinturent la maquette afin de ne pas provoquer de cassure visuelle du diorama. Pour ce faire, une solution consiste à confectionner des couples arrondis (CP de 10 mm d’épaisseur) sur lesquels est positionnée une feuille de plexiglas souple (utiliser une colle de contact au néoprène pour sa fixation). Le diorama est ensuite collé en veillant à bien maroufler la surface après avoir enduit le support de colle à papier peint avec un mini roulor. L’arrondi doit épouser parfaitement les deux côtés de la maquette
Cette vue en plongée reste encore acceptable , mais il est évident que les perspectives se dégradent lorsqu’on visionne la maquette en prenant de la hauteur, notamment pour tout ce qui concerne les constructions. Avant de finaliser la pose du diorama, Il importe de vérifier que celui-ci est adapté au thème que l’on veut représenter, éventuellement en prenant quelques photos orientées dans le plan de la maquette. La meilleure option reste le rideau de végétation présent sur le diorama en limite du réseau. Chaque fois que c’est possible, il est judicieux de placer quelques arbustes dans cette zone pour améliorer la transition.
Un autre problème à résoudre, la longueur des dioramas déclinés parfois en plusieurs planches ne permet pas forcément de couvrir la totalité des zones à décorer. Sur cette photo, nous voyons que la pose sur le troisième module provoque une transition trop marquée qu’il est nécessaire d’atténuer. J’ai recherché une découpe adéquate d’un deuxième diorama dans la continuité de la ligne d’horizon ciel/terre, ce qui nécessite des retouches au niveau de la zone de construction dont une partie doit être masquée
Les travaux visant à masquer les constructions gênantes visibles sur la photo 05 sont réalisés par quelques touches de peinture (gouache) appliquées à l’aide d’une brosse en essayant de reconstituer un rideau de végétation dans la couleur la plus proche de la zone à traiter.
Sur cette photo, un petit muret situé légèrement en retrait du diorama permet un raccord esthétique avec les installations d’arrière plan.
Un autre exemple d’intégration d’un diorama de type urbain sur ce réseau vitrine à l’échelle HO représentant une petite gare terminus encadrée de quelques constructions en arrière plan qui masquent partiellement la ligne de rupture scénique. Nous obtenons une profondeur de champ alors que Le plateau ne mesure que 50 cm de large
Vue globale sous un autre angle, là encore le choix du diorama est essentiel en zone urbaine, l’intérêt de celui-ci se situe au niveau de la présence d’un rideau important de végétation masquant partiellement les immeubles d’arrière plan
Sur ce même réseau étagère, nous voyons que la zone boisée s’intègre bien avec les installations de remisage situées à quelques centimètres, la présence d’une petite haie d’arbustes masquant la ligne de rupture avec l’image.
Bien entendu, le meilleur rendu au niveau de l’image s’obtient avec un cliché pris de face et au même niveau que la plateforme, d’où l’importance de positionner le réseau étagère à hauteur d’homme pour limiter les défauts de perspective d’une photo qui serait prise en plongée ou en contre plongée.
Sur une autre section du réseau étagère, le thème plus rural du diorama présent facilite son intégration dans l’environnement d’un petit dépôt
Nous trouvons de nombreux thèmes de cette nature où la ligne de transition avec le réseau est matérialisée par de la végétation, prairies, cultures, arbustes, avec parfois des villages à l’horizon lointain, voire des collines ou montagnes. Il nous appartient de faire le bon choix dès la conception du réseau, et ne pas hésiter à faire de nombreux tests de positionnement des dioramas (en les fixant avec des punaises ou trombones) avant de finaliser leur pose.
Je n’ai pas abordé dans ce reportage le fond de décor concernant les réseaux monolithique où l’observateur peut se déplacer tout autour, dans ce cas, il est possible de créer un diviseur scénique sur lequel deux thèmes de diorama sont collés de chaque côté, mais le principe reste identique au niveau intégration.
De même les réseaux tour de pièce accolés aux murs peuvent bénéficier du même traitement, avec de plus un avantage certain, car l’œil ne peut pas intégrer la totalité du décor, ce qui laisse une plus grande liberté dans des thèmes distincts que l’on peut reproduire tout autour de la pièce.
Enfin, une autre solution consiste à créer soi-même un fond de décor qui sera traité sous forme d’un tableau panoramique peint, travail réservé aux artistes peintres, avec des résultats parfois impressionnants de réalisme, mais ce n’est pas à la portée de tous les modélistes.