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28 juillet 2009 2 28 /07 /juillet /2009 18:07
Pour de nombreux modélistes, la construction d'un réseau est une expérience passionnante, mais souvent jonchée d'écueils, car à ma connaissance, il y a très peu de hobby nécessitant autant d'aptitudes dans des domaines aussi complexes que variés. Si l'on fait un rapide tour d'horizon, le modéliste "consacré" pratique de nombreux métiers: chef de projet, maître d'oeuvre/d'ouvrage, architecte, menuisier, peintre, décorateur, maquettiste, électricien, electronicien, mécanicien, photographe, cinéaste, et j'en oublie sans doute, bref il touche à tout.........avec plus ou moins de bonheur!!!!!!!! 
 
La documentation et les méthodes abondent aujourd'hui dans tous ces domaines, tant dans les revues spécialisées que sur les sites spécifiques accessibles sur Internet.
 
Le sujet de cet article est exclusivement ciblé sur l'infrastructure du réseau qui est une phase essentielle dans sa construction. De la qualité du travail dépendront sa réussite et son bon fonctionnement. Les quelques photos que j'ai retrouvées pourront, je l'espère, apporter des réponses aux questions qui m'ont parfois été posées par des visiteurs. Je précise qu'il existe d'autres solutions pour mener à bien ce type de projet. Pour avoir réalisé une dizaine de réseaux au cours d'un demi-siècle, j'ai retenu pour les deux derniers celle décrite ci-après qui m'a donné entière satisfaction.


Un petit saut en arrière de 5 à 6 ans !!!!! les modules 1 et 2 dont on aperçoit un bout du parc à charbon sont terminés depuis 2 ans. Je n'ai pas retrouvé de photos de l'ossature correspondante........

La photo ci-dessus montre le module N° 3 qui accueillera le dépôt vapeur et la gare marchandises (dimensions 1,50 x 1,50 m)
Si vous optez pour un réseau comportant plusieurs niveaux, le principe d'une ossature en "caisson" est judicieuse et facile à mettre en oeuvre puisqu'elle fait appel à des tasseaux de sapin (exclure le pin qui est plus lourd et à tendance à se déformer)
Les sections sont toutes identiques (ici 4,5 x 1,5 cm) mais d'autres dimensions font l'affaire. Les découpes doivent être précises et bien d'équerre et l'assemblage de la base par collage et vissage.  Le piétement est fait dans une section + importante (5 x 5 cm - fonction du poids que le réseau devra supporter) et la base des pieds munie de large vis formant vérins pour régler au mm près l'horizontabilité du plateau une fois posé dans la pièce. 

 
Le travail préalable passe systématiquement par un plan à l'échelle de chacun des  modules (ici au 1/5 ème) qui permet de déterminer précisément l'emplacement des tasseaux sur la base du module en fonction des plans de roulement qu'il devra supporter (ici c'est le module 7 de montagne dont on peut voir que la rampe hélicoîdale se situe exactement au centre du carré où sera installée une trappe d'accès à son sommet. Sur ce plan doivent figurer toutes les cotes et surtout les pentes des plans de roulement, en vérifiant notamment si le pourcentage des rampes est compatible avec le rayon choisi. Par ailleurs, pour les modules comportant des plans de roulement en paliers ou en rampes , il importe que leur raccordement se fasse sans cassure, sinon déraillements garantis!!!!!!!!  


mais revenons sur le module N° 3 qui, sur cette photo, est plus avancé et maintenant raccordé au module 2 (à droite) Les étages supérieurs sont toujours réalisés avec des tasseaux verticaux et horizontaux où viennent s'accrocher les plans de roulement en CP de 8 mm d'épaisseur (prévoir 10 cm de largeur pour une voie unique et 15 cm pour une voie double) Lorsque toute l'infrastructure en bois est vissée et collée, le module prend la forme d'un caisson dont la résistance est à toute épreuve, je me suis parfois positionné dessus et cà ne plie pas !!!!!!! J'ai adopté pour la rampe hélicoîdale un processus basé sur un rainurage préalable de chaque chandelle verticale dans lequel s'encastre le plan de roulement, ce qui permet d'éviter les tiges filetées traditionnelles dont le réglage est souvent laborieux!!!!.  Il est recommandé de poser la voie au fur et à mesure de l'avancement de la rampe dont le rayon aura été préalablement tracé au crayon. (ici le rayon R5 de Roco Line) Pour améliorer le roulement, j'ai posé la voie en dévers sur toute les rampes comportant des courbes en intercalant sur la face exterieure du rail (sous les traverses) un bandeau en carton de 1 mm d'épaisseur. Prévoir un raccordement parabolique de toutes les courbes avec les tronçons droits.


zoom sur les chandelles (huit par tour de cercle repérées de A à G) dont on peut voir le rainurage effectué à la scie circulaire d'établi en adoptant la pente retenue (ici 2,4 °) cet angle étant assuré par le guide d'onglet pour toutes les rainures. Un calcul a permis de déterminer que le plan de roulement s'élévait de 1 cm par 1/8 ème de tour, ce qui laisse constamment 8 cm de hauteur entre chaque plan. Lorsque les chandelles situées à l'intérieur du cercle sont positionnées à la verticale sur la base du module, les plans de roulement s'encastrent sans problème et la pente constante est garantie!!!!!!! Il ne reste plus qu'à poser les chandelles situées à l'extérieur du cercle, avec un point de colle.
Les plans de roulement pour cette rampe ont été découpés à la scie sauteuse dans des plaques de CP de 2,50 x 1,22 épaisseur 8 mm -  format standard. Le "compas" pour respecter le rayon R5 de Roco (542 mm) a été confectionné avec un tasseau (pointe de clou à une extrémité, et crayon traversant le tasseau de l'autre) Deux éléments couvrent un cercle complet, ce qui limite les points de raccordement, ces derniers se situant systématiquement  au droit des rainures dans les chandelles.
Je m'attarde volontairement sur ce travail, car les rampes constituent l'écueil principal dans le bon fonctionnement d'un réseau. Si leur construction est faite correctement, vous devez pouvoir faire circuler une rame complète en marche avant ou arrière à pleine vitesse sans déraillement, c'est du moins le test que je me suis imposé sur les trois rampes hélicoidales du réseau Biscatrain
  
toujours le module 3 plus avancé, toutes les voies inférieures (cachées) sont posées sur du dépron de 6 mm (pas de clous, positionnement avec de la colle vinylique et des punaises) La partie supérieure du caisson offre une surface parfaitement horizontale avec en son centre une grande trappe horizontale (futur emplacement de la rotonde et du pont tournant)


Les mois ont passé (peut-être les années!!!!!) et on attaque le module 4 qui accueille un tronçon de la gare souterraine et dont la partie supérieure couvrira une grande partie de l'entrée en gare terminus. Sur cette photo, on aperçoit dans le fond le module 3 qui est terminé et décoré. J'oubliais!!!! il est judicieux de terminer le plus gros de la déco d'un réseau modulaire au fur et à mesure de son avancement, car on risque fort d'être découragé si tout ce travail doit être exécuté en phase finale de construction. D'ailleurs les accès sont plus faciles durant cette phase. Par contre, on se prive de faire tourner ses trains un bout de temps!!!!!!! Je crois bien que j'ai attendu trois ou quatre ans avant de "boucler" le circuit.........enfin, chacun fait comme il l'entend!!!!!! 


Un autre module N°5 construit sur le même principe (1,50 x 1,50 m). Il accueillera la gare terminus et ses installations sur la partie supérieure. On aperçoit une autre rampe hélicoidale qui permet de rejoindre en bas à droite la sortie de la gare souterraine située au niveau zéro.


Le module 6 est un module de transition qui permet de passer d'une zone de plaine (gare terminus) à la zone de montagne. On aperçoit sur cette photo quatre niveaux de plans de roulement 
niveau zéro : sortie de la gare souterraine 
niveau + 10 cm : sortie de la voie double qui desservira la gare de passage
niveau + 20 cm : voie double en tranchée longeant les installations de messagerie
niveau + 30 cm : voies de la gare terminus
La gare surplombe les voies d'arrivée et de départ et se situe au niveau + 40 cm, de même que les bâtiments constituant la ville en arrière fond. 


Les trappes d'accès sont nécessaires pour certains travaux de maintenance dès lors qu'une partie du réseau se trouve immanquablement hors de portée de l'opérateur. Elles doivent être judicieusement choisie lors de la réalisation des plans sur  la surface laissée disponible ..........ici très peu de place vu la forte concentration des voies. On aperçoit un des panneaux décoré qui couvre l'une de trappes et qui est posé provisoirement sur les quais couverts de la gare.

  
le module 6 présenté plus haut est terminé et décoré avec le début d'une zone de chalets,  et le pont routier qui rejoint la gare terminus. Le module 7 (montagne) est en construction. La structure du viaduc en courbe est réalisée (médium de 3 mm) et la voie supérieure est raccordée. A ce stade, on distingue l'ossature supérieure avec en son centre une trappe basculante montée sur charnière piano qui permettra un accès facile sur cette partie du réseau. Le relief de la montagne étant difficilement planifiable, les tasseaux verticaux qui constitueront le fond de décor sont provisoirement vissées sur la base du module 7. Ce n'est qu'après plusieurs essais de volume que la hauteur de la montagne sera définitivement retenue. Cette disposition permet de modifier si nécessaire son relief (trop haut, trop bas, trop accidenté!!!!!) le choix étant guidé par un coup d'oeil réaliste visant à l'harmonie de l'ensemble. 


La route de montagne est tracée dans du CP de 5 mm. Elle traverse un plateau fixé sur une charnière piano qui permet un accès aisé, lorsque qu'il est basculé à 90°

 
Les portails de tunnel sont découpés dans du médium de 5 mm, de même que les murs de souténement qui les encadrent

 
le même portail de tunnel après déco, il est habillé de plaques slatter's patinées


L'autre portail de tunnel à voie unique qui débouche sur le viaduc, même traitement au niveau déco


Je n'ai pas retrouvé de photos de l'ossature du module 8 que l'on voit ici décoré (Photo prise en 2007) S'agissant du dernier tronçon de voies, le circuit principal (85 m environ) a été bouclé à cette époque, soit environ 5 ans après le début de la construction du réseau. Ceci pour dire qu'il faut être patient !!!!!! avant d'inaugurer le premier tour de circuit complet. 

 
L'envers du décor. les modules sont simplement vissés entre eux sur leur caisson respectif, ce qui permet un éventuel démontage (déménagement?????!!!!!!!) je n'ose y penser.........on remarque que l'ossature de base forme un plan parfaitement horizontal sur toute la surface du réseau, qui se situe à 75 cm du plancher.


toujours sous le réseau, on remarque sur le pourtour (zone de couloir derrière la gare terminus) des petits bancs situés à 40 et 50 cms du sol, ce qui permet d'être en surélévation par rapport au réseau lorsqu'on veut faire des travaux de maintenance/décoration/photos dans des zones déjà élevées. A titre indicatif, le sommet de la montagne se situe à 160 cm du sol. Je ne suis pas un nabot, mais sans cette astuce, j'aurais le nez au niveau des sapins!!!!!!!!

   

Enfin, il est de bon goût de fignoler la facade d'un réseau, lorsqu'il a été concu de la sorte, avec des plaques de médium de 3 mm dans lesquelles il est facile de confectionner des trappes de visite, voire des petites vitrines comme la photo ci-dessus, limitant ainsi le dépôt de poussière dans la gare souterraine. Je les ai peintes dans un gris moyen, les tests avec du noir (souvent recommandé dans les revues) ne m'ayant pas convaincu.

J'espère que cet article ne découragera pas les nombreux modélistes (jeunes ou moins jeunes) qui veulent se lancer dans l'aventure. L'important, c'est de bien vivre son projet et de connaître ses limites. On acquiert au fil des ans une expérience qui permet de surmonter les obstacles........et il y en a !!!!!! mon premier réseau réalisé il y a une cinquantaine d'années aurait fait rigoler les "anciens" ......... mais le pas était franchi.......et il ne restait plus qu'à progresser !!!!!!
  
             
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